Vécu & Inspiration

Ouvrir les mains.

Il y a plusieurs façon d'ouvrir les mains. 
Et aucune n'est meilleure qu'une autre.
Chacune d'entre-elles témoigne simplement de notre posture intérieure quant au donner et au recevoir, et de ce que nous portons de crainte ou de foi, de protection ou d'ouverture, de passé ou d'avenir, de souffrance ou de paix.

LA MAIN GAUCHE.


Celle, maladroite, qui ne sait recevoir. Habituée aux coups, aux entourloupes, aux brimades, elle vit dans la peur de s’ouvrir et se ferme sans même le savoir. À la vie, aux opportunités, à la douceur et à l’amour. Persuadée que s’ouvrir la mettra en danger. Elle surveille, se dérobe, n’ose rien retenir de peur de se brûler.


Cette main c’est la nôtre, lorsque l’on craint encore et que l’on se protège de souffrances trop grandes. Celle qui peut devenir un réservoir d’amour, si on l’y aide un peu.


Avec de la patience et force de douceur, elle peut (re)devenir celle qui, reliée au cœur, est joie de recevoir en pleine sécurité. Celle qui sait que la vie œuvre de son côté et que l’amour s’invite en sa paume déployée, à chaque instant béni. Large comme un panier, elle reçoit les grâces que le monde a toujours voulu y déposer.


LA MAIN DROITE.


Celle, stratège, qui refuse de donner. Familière des vols, trahisons et moqueries, du don de soi jusqu’à l’oubli, du sacrifice de ses envies. Celle qui épuisée, n’a plus rien à offrir, ou du moins ne veut plus et se ferme de rage. Celle qui n’a su dire, ni poser ses limites et qui se change en poing quand les mots ne suffisent. Qui protège sa tour et se garde de tout.


Cette main c’est la nôtre, lorsqu’on a trop donné, trop loin et trop longtemps. Que notre corps dit « Stop ! C’est mon tour maintenant ». Qui peut redevenir un puits de dons précieux, lorsqu’on la protège, un peu mieux.


Grâce à de saines limites et un respect de soi, elle peut redevenir celle qui offre avec joie ses talents et ses dons au monde alentours. Ses trésors que jamais personne ne pourra prendre et qui se multiplient quand elle les offre enfin, car elle les porte en elle, en sa propre lumière, dont elle seule connaît son habitat secret.


Il y a plusieurs façon d'ouvrir les mains. Et vous trouverez la vôtre, en (vous ré)écoutant, ce que murmurent, en corps, au sein de vos cellules, vos besoins profonds.

Rendez-vous de l’autre côté de la peur, si le cœur vous en dit.